Les Clusters : Catalyseurs de l’Innovation Green Tech et de la Durabilité en Méditerranée Sud

Publié le 04 février 2026

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Le webinaire « EuroMed Cluster Innovate : Clusters as Catalysts for Green Tech Innovation & Sustainability in the South Med Region », organisé sous l’égide de l’initiative Euromed Clusters Forward et du réseau FEMISE, avec le soutien de l’Union européenne et du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, a mis en lumière le rôle crucial des clusters dans la transition écologique régionale. Cet événement qui s’est tenu le 29 janvier 2026 a réuni experts, décideurs et entrepreneurs pour discuter de la transformation de la région en un hub technologique vert.

Les intervenants soulignent que les clusters agissent comme des catalyseurs opérationnels, facilitant la collaboration entre les milieux académiques, les décideurs politiques et les entreprises du secteur des technologies vertes. Les discussions identifient des obstacles structurels majeurs, tels que la fragmentation des chaînes de valeur, le manque de financements adaptés et la nécessité d’une meilleure gouvernance régionale. Des exemples concrets au Liban, en Égypte, en Jordanie et au Maroc illustrent l’importance de l’innovation locale pour relever les défis du changement climatique. Les experts appellent à une homogénéisation des réglementations et à un soutien accru aux PME pour transformer les avancées technologiques en leviers de développement socio-économique durable.

1. Le positionnement de la région Sud et Est comme hub Green Tech

La région méditerranéenne est en première ligne du changement climatique, se réchauffant 20 % plus vite que la moyenne mondiale. Cette urgence impose une transition énergétique rapide. Les clusters apparaissent comme des points de convergence stratégiques reliant les capacités locales aux marchés internationaux.

Selon Stella Tsani, membre du Conseil d’administration FEMISE, économiste et universitaire grecque de renom, dont les travaux sont au cœur des enjeux de développement durable et de coopération en Méditerranée : « les clusters ne sont pas seulement des outils d’échange de connaissances, mais des hubs d’impact capables de connecter les besoins locaux aux chaînes d’approvisionnement mondiales ». Des pays comme l’Égypte, le Maroc et la Tunisie disposent déjà d’écosystèmes avancés dans les secteurs de l’énergie propre et de l’hydrogène vert. Par exemple, au Maroc, le cluster Green H2 accompagne des projets pilotes d’hydrogène vert, facilitant le passage de la recherche au déploiement industriel.

2. Intégration des PME et Startups dans les chaînes de valeur vertes

L’intégration des acteurs locaux reste un défi majeur en raison de barrières structurelles et de la fragmentation des chaînes de valeur. Ingrid Salloum, Cluster Manager chez Berytech au Liban, souligne que « les startups font souvent face à un manque de connexion avec les décideurs et les grands donneurs d’ordre. »

Pour remédier à cela, les clusters offrent :

  • Un accès au marché et aux partenaires opérationnels : en créant des ponts entre startups et industriels pour stabiliser la demande et les intrants (ex : valorisation des déchets).
  • Le renforcement des capacités et le mentorat : Muhammad Said Saad, entrepreneur en série et expert en transformation digitale avec une formation en ingénierie des communications en Egypte, précise que les clusters régionaux permettent aux startups de partager des connaissances pour ne pas « réinventer la roue ».
  • La transition numérique : Mahmoud Othman, Responsable Technique et consultant en digitalisation au centre de compétences InJo4.0 en Jordanie a démontré comment la digitalisation (Industrie 4.0) aide les PME à adopter des solutions d’efficacité énergétique de manière mesurable.

3. Partenariats innovants et approches politiques

Le webinaire a identifié plusieurs leviers pour accélérer l’adoption des Green Tech :

  • Coordination Recherche-Industrie : Mohammed Hajji souligne que le manque de financement freine souvent la valorisation des résultats de recherche. Le cluster agit comme un facilitateur pour répondre aux besoins réels des industriels par des solutions de R&D.
  • Homogénéisation réglementaire : Il existe un besoin pressant d’harmoniser les régulations, notamment face au Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) de l’UE. Les pays du Sud doivent développer leurs propres mécanismes de compensation locale pour rester compétitifs.
  • Financement et perception du risque : Ghada Darwish, Ingénieure mécanique et leadeuse dans le secteur de l’énergie avec plus de 20 ans d’expérience dans le développement de projets énergétiques et industriels publics et privés dans les secteurs de l’énergie, des énergies renouvelables et de la chimie, note que les principaux obstacles au financement ne sont pas technologiques mais liés à la prédictibilité réglementaire et aux risques de change (revenus en monnaie locale vs dettes en devises fortes).
  • Gouvernance et inclusion : Sarine Karajerjian, Directrice de programme de la politique environnementale à l’Initiative Arabe pour la Réforme, a rappelé que la technologie ne suffit pas ; elle doit s’accompagner d’une bonne gouvernance et d’une volonté politique pour réformer des secteurs comme l’électricité, souvent gérés par l’urgence à court terme.

Conclusion et perspectives

L’initiative Euromed Clusters Forward continue d’activer ces chaînes de valeur à travers ses trois piliers : l’amélioration des politiques, le renforcement des capacités des clusters et l’activation de partenariats technologiques. Plusieurs événements de matchmaking (academy/Tech Days) et de partage d’expériences sont prévus tout au long de l’année 2026, notamment en Grèce, à Chypre, en Tunisie et au Maroc, pour transformer ces discussions en projets concrets.

En résumé, les clusters Sud Méditerranéens sont bien plus que des réseaux ; ils sont les architectes d’un nouvel écosystème industriel durable capable de transformer les défis climatiques en opportunités économiques régionales.